09.11.2009
. LE MUFLE . 16 .
. Brigitte Descouvers ne se retourna pas . Il lui avait ouvert la porte du café mais dès qu'elle s'était retrouvée dehors, elle avait filé sans se retourner. Il l'avait appelée, puis n'avait pas insisté, un peu vexé de n'avoir pas eu le dernier mot, à peine ébranlé par sa conduite, après tout c'est elle qui avait suscité cette rencontre, et qui affichait son désir de femme en manque. Brigitte Descouvers était humilée, son fantasme était retombé d'un coup. Elle ne comprenait plus son acte, sa démarche son désir, comment avait-elle eu cette témérité. Lui revenaient à l'esprit pêle-mêle, ses enfants, ses soeurs, son petit fils, ses parents, sa grand-mère morte qu'en penserait-elle. Elle avait honte. Elle ne craignait pas qu'il parlât, mais il n'avait pas été celui qu'elle croyait, séduisant sans doute mais muffle certainement. Elle était elle ridicule.
Fabrice pendant ce temps forniquait sur le Web avec ses amants, tandis que dans la pièce d'à côté le fils étudiait du Montaigne.
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| Tags : honte, femme, désir |
08.11.2009
. L' HUMILIATION . 15 .
. Bertrand Duponchateau observait Brigitte Descouvers. Il n'avait jamais beaucoup aimé son patronyme à résonance bêtement royale, mais il estimait la regardant que celui des Descouvers était encore moins valorisant. Ils étaient attablés au Continental dans l'un des coins reculés qu'il lui avait proposé.
Elle devait être encore désirable par certains de ses côtés pensait-il. Il n'avait jamais trompé sa femme, qui en son temps, bien en chair et aimant ça lui avait donné de belles voluptés, et puis son investissement professionnel, les activités de loisirs qu'il pratiquait, les flirts légers que la vie professionnelle suscite et autorise tacitement, légers et sans encombres lui avaientsuffi.
- Alors Brigitte...
- Alors .. - Elle lui prit la main, le regarda dans les yeux - .. Bertrand je t'ai tout dit..tu me plais ..
- Et alors ?
- Et alors est-ce à une femme de le dire ...
Bertrand était plus qu'un cynique, un pragmatique, il était tenté par une aventure mais ne la cherchait pas. Il voulait la bousculer, lui entendre dire ce qu'elle voulait. Elle avait enlevé sa main.
- Bon Bertrand, tu sais, ..tu ne veux pas, ....ne continuons pas .
Brigitte Descouvers appela le garçon.
C'est Bertrand qui fut dérouté.
- Tu veux que l'on baise ...
Elle rougit elle ne l'avait pas cru grossier, mais attentionné, doux. Il eut un ricanement. Je plaisantais, dit-il.
- Allez laisse, dit Bertrand, c'est pour moi, et il lui qui lui prit la main à son tour. Mais sa main n'était pas même chaleureuse.
- Voudrais -tu que l'on couche..
Brigitte du coup fut meurtrie, se senti trahie, décidément il n'avait pas les mots, elle ne voulait ni baiser, ni coucher, même si elle savait que l'acte pressenti était ça oui ça mais dès lors qu'il n'incluait ni tendresse, ni sentiment, ni au moins un soupçon de tendresse. Et là il lui disait qu'il n'y aurait pas de tendresse.
A suivre.
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| Tags : amour, sexe |
06.11.2009
. HABITUDES . 14 .
. Ils faisaient chambre à part depuis huit jours. Elle avait une infection pulmonaire qui pouvait être d'origine virale, le plus dur était passé, Brigitte Descouvers allait mieux, et c'est lui qui lui proposa de refaire lit commun. Mais d'aucune manière cela signifait autre chose que les retrouvailles de corps qui souhaitaient se caler l'un contre l'autre pour un confort acquis depuis des lustres. Après tout c'était déjà ça. A défaut de désirs. D'ailleurs ne lui avait-elle pas dit ces jours derniers, ça fait un an que l'on ne s'est pas aimés.
Mais Fabrice Descouvers savait lui pourquoi, il savait vers qui allaient son désirs, ses désirs à facettes multiples, à qui il les donnait. Et quand il la prit dans ses bras, l'emboîtant contre lui pour s'apprêter au sommeil Brigitte pensait déjà à son rendez-vous du lendemain avec Bertrand Duponchateau au Continental,le café du centre ville.
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11:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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05.11.2009
. LUCIFER, L'ANGE DECHU . 14 .
Malgré les démons qui oeuvrent pour faire basculer Fabrice et Brigitte Descouvers dans les affres de Sodome et Gomorrhe, Fabrice malgré ses errements sur le Web, s'est organisé quelques activités.
Il fait dans le bénévolat, sans conviction, il y est encore la petite main du président de l'association et des salariés. Il régresse, il devient soudain préposé au courrier, chapitré parfois, certes gentiment mais quand même par le président quand celui-ci détecte une anomalie des plus vénielles dans le classement du courrier, confrontation bête de conceptions de classement.
Sur le Web Fabrice a noué quelques relations de tendres amitiés mâles et femelles, et quelques autres aux tendres saveurs d'interdit et donc de transgressions au point d'en perdre progressivement tous ses principes moraux qui étaient les siens, au point l'autre jour d' entrer dans une église qui lui tendaient ses portes grandes ouvertes en guise de bras accueillant, comme si Dieu lui faisait un signe, viens donc me dire bonjour.
Fabrice oscille constamment entre ces extrêmes Dieu et Lucifer l'ange déchu. Depuis trois ans maintenant Lucifer a pris la main, Et Fabrice Descouvers y éprouve beaucoup de plaisir.
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| Tags : sodome, gomorrhe, lucifer, web, dieu |
04.11.2009
. BILAN . 12 .
. Fabrice Descouvers se demandait comment depuis trente ans, elle, Brigitte née Poinssot, elle et lui, lui et elle, pouvaient encore vivre ensemble, lui l'insultant à longueur de journées - Maintenant avec les nouvelles lois il serait en prison très vraisemblablement - et elle qui l'étouffait l'empêchant de vivre, le dépréciant, s'irritant de ses inaptitude au bricolage et de ses littératures. Etaient-ce les insultes de Fabrice qui la conduisaient à le mépriser, étaient-ce les diktats de Brigitte sur tous les fronts, et ceux de la nourriture, de l'argent notamment qui le conduisaient à l'insulter, et tout ceci quotidiennement devant leurs enfants qui avaient vécu dans cette ambiance corrosive tangeant souvent l' enfer.
Et pourtant ils étaient encore là avec leurs deux fils et une fille encore aimants, rassemblés avec eux régulièrement et la belle fille mariée à celui qui était dans l'industrie des parfums. Et Brigitte Descouvers ne savait pas que Fabrice lui, depuis qu'il était en cessation d'activité depuis trois ans, errait sur le web à la recherche continuelle de conquêtes virtuelles, mais lui imaginerait-il que sa femme pouvait aller voir ailleurs comme l'on disait vulgairement, considérant son âge, son physique ingrat qu'il lui avait toiujours reproché, ses charges de familles, son attachement étroit pour ses enfants.
. Ils en étaient là, les Descouvers à l'aube de leur crépuscule, alors même que leurs enfants les vénéraient et eussent tombé des nues s'ils avaient appris ces tourments d'un autre âge.
A suivre.
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| Tags : famille, enfants, parents |
03.11.2009
. LA TENTATION . 11 .
. Il pleuvait cet après-midi là. Brigitte une nouvelle fois était irritée par le laisser-aller de Fabrice, la vaisselle n'était pas essuyée, son bureau était un véritable foutoir, il lui avait arrangé le linge et notamment le drap sur le tancarville n'importe comment, il sortirait tout chiffonné du séchage, et elle aurait des difficultés à le repasser. Lui, venait de hurler alors qu'elle venait de lui faire certaines de ces observations " pour te montrer que tu n'as pas toujours raison " .
Il fut ulcéré, meurtri, devant ce harcèlement continuel, obsessionnel quotidien, mesquin ; " Nous au moins nous n'avons pas besoin de nous dire que nous ne nous nous aimons plus " hurlait-il en effet " puisque nous nous haïssons ! ça au moins nous le savons. " Il mit son imperméable, ses chaussures, son chapeau, claqua la porte et fut dans la rue.
Elle le regarda s'éloigner, sous la pluie. Elle eut alors une impulsion, elle prit le téléphone et téléphona chez les Duponchateau.
C'était Bertrand Duponchateau qui répondit..
- Ah .. bonjour Bertrand, Odile n'est pas là.
Bertrand se mit à rire ; " Non elle est à son atelier de peinture".
- Pas grave je la rappellerai
- Tu as un message à lui passer,
- Non, non, je voulais la .. vous ..vous remercier pour le déjeûner nous avons apprécié ..
Elle aurait parié que Bertrand souriait; " Eh bien c'est bien je lui dirai, merci ...C'est tout Brigitte ..
Il y eut un blanc. ..Brigitte Descouvers hésita,rougit,
Bertrand attendait ..
- Bertrand ...
- ....
- Bertrand je ..tu me plais ....
- .....
- Je t'ai désiré samedi ..je suis folle je sais oublie..je ne pouvais plus ne plus te le dire, et là t'avoir au téléphone.. mais oublie, je n'ai rien dit.
- Mais tu l'as dit. ... Brigitte j'ai vu ton regard ..tu ne me déplaîs pas..tu veux que nous prenions un pot quelque part ..
A suivre.
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| Tags : couple, adultère |
02.11.2009
. SEXAGENAIRE . 10 .
. Brigitte Descouvers, tout en même temps qu'elle développait des pensées troubles à l'égard de Bertrand Dupontchateau se demandait s'il était normal que mère meurtrie jadis dans sa chair par un accouchement difficile, délaissée depuis plusieurs années par son mari qui ne l'approchait plus, aujourd'hui grand-mère émue d'un petit garçon, mais encore en charge d'un fils étudiant, se demandait si elle était bien normale.
Elle pensait à des enlacement confus, à un sexe nouveau, elle qui n'en avait connu qu'un, et à des élans qu'elle avait si peu vécus. Tout ceci n'était-il pas dérisoire, dépassé ert ridicule.
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| Tags : vieillesse, sexe |
01.11.2009
. FIEVRES . 9 .
. Fabrice Descouvers certes s'était remémoré les seins anciens et pleins d'amplitude d'Odile Duponchateau, mais ne se doutait pas que Bertrand Duponchateau lors du déjeûner s'était enfiévré soudain du regard délibéré et persistant de Brigitte Descouvers qui le trouvait bel homme. Et entre eux sans qu'ils le sachent encore une montée de désirs les prenait insidieusement . Fabrice ne satisfaisait plus aux attentes de Brigitte, de même que Bertrand Duponchateau avait épuisé les charmes des seins et des courbes d'Odile.
Et l'un et l'autre soudain établissaient confusément une aventure sensuelle inédite alors même qu'ils étaient jusqu'alors restés sages au fils des décennies passées.
Brigitte Descouvers était une petie femme grise encore dont l'attrait semblait ne résider que dans un joli sourire, Bertrand Duponchateau était lui de taille moyenne mais satisfaisant au regard d'une femme, grisonnant aussi, le visage anguleux. Comment pouvait-on imaginer que leurs vies respectives marquées du sceau des bonheurs et malheurs classiques puissent encore, l'âge étant, avec sa charge de maux divers et d'espérances remisées et impensables, de physiques déchéants, transgresser la normalité inscrite désormais dans leur cursus familial, parental, ayant en outre accédé au statut vénérable et rédhibitoire de grands-parents.
Ce n'était plus le démon de midi qui était en oeuvre, mais le démon de la revanche contre les frustrations amassées qui leur tendait l'appât de dernières effusions.
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| Tags : liaisons, amour |
31.10.2009
. IDENTITE NATIONALE . 8 .
- Moi je vais te dire mon fils, l'identité nationale, c'est ce qu'on m'a appris à l'école, les Gaulois, Vercingétorix, Charlemagne, Louis XIV, la Révolution française, Napoléon, Malraux, que sais-je encore, c'est mon petit Liré, les clochers des églises ....
Et je hais les minarets, les voiles, et ces générations d'immigrés qui me narguent, me montrent du doigt, volent mon argent, me demandent si je suis de la police, et qui font de la résistance en France, et pas dans leur pays, ...
- C'est toi mon fils qui m'as dit que tu as cette année à la fac comme enseignant un noir et qui t'en es étonné, et cet enseignant a dit je n'ai pas de chargé de travaux dirigés, puis il en a trouvé un, c'était un noir, et tu t'en es encore étonné.
Fabrice Descouverts est fou, il rage, s'échauffe en vidant sa bile dans un échange soudain avec son fils encore en fac, troisième année de droit.
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| Tags : étrangers, identité nationale |
30.10.2009
. Le président CHIRAC. 7 .
. Ainsi le président Chirac va passer en correctionnelle, malgré l'onction du peuple qui par deux fois la lui a donnée alors même que ce peuple connaissait les affaires des emplois fictifs. "C'est une dure épreuve, mais Dura lex sed lex " dit le bon Roi-Robert Badinter sous son chêne. Et un juge immature donne suite, nul n'est au-dessus des lois, mais le peuple est passé par là. Chirac fût un rude en politique mais comme tous les politiques, et est-ce un méchant homme.
Fabrice Descouverts pense que Chirac doit en avoir sa claque de ces intégristes de la justice. Mais le président Chirac ne pense plus, il se laisse porter par les éléments que lui a choisis le destin. Le président n'aura même pas été un homme heureux.
Fabrice Descouverts en veut à ce juge.
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| Tags : jacques chirac, affaires, tribunal, juge, robert badinter |


